Première partie : Les années de papier

Le démarrage

(actualisé le )

C’est la rentrée en 73, on ne parle pas encore de pré-rentrée. Je découvre mon nouveau collège, tout neuf, dans la ZUP de Nîmes.

C’est un empilement d’énormes cubes de béton, légèrement sculptés et rainurés pour qu’on ne confonde pas l’ensemble avec un blockaus. Ne soyons pas trop sévères, c’était la mode de l’époque. Il s’adosse aux HLM, et le bas ouvre sur un grand parking. Il faut reconnaître que, si ça n’est pas beau, au moins les locaux sont bien aménagés. Les salles de classes sont spacieuses, bien éclairées. Il y a une fort belle salle polyvalente, j’aurais l’occasion d’en reparler, et des salles spécialisées bien conçues, en particulier la salle de Sciences Naturelles qui ouvre sur un patio privé, où est aménagée une mare, avec un petit jardin des plantes.

Je me rends tout de suite au CDI où je fais immédiatement connaissance avec le collègue instructeur qui m’a précédé, dans les locaux en préfabriqué hébergeant le collège depuis deux ans en attendant que les locaux neufs soient terminés. Je crois bien que nous avons sympathisé tout de suite... Et même encore, si nous ne nous voyons quasiment plus, nous sommes restés amis !

Séance tenante, et pour éviter tout malentendu d’emblée nous nous assignons des zones préférentielles d’action respective. Francis est un artiste. Il mène conjointement une activité importante d’artiste peintre et expose partout ses œuvres.. Par conséquent, il gardera la haute main sur tout ce qui touche l’aménagement des locaux, leur décoration, les affiches, l’organisation d’exposition, etc.. Il s’occupe déjà du Club Cinéma, c’est très bien, parce que je ne suis pas amateur du tout. Je n’aime ni le cinéma ni le chocolat, et, comme m’a dit un jour mon ami Jean Claude, « ce sont des dimensions qui te manquent ! »

J’ajoute que cette répartition formelle ne dura qu’une année scolaire. L’année suivante, devenus bons amis, nous avons toujours tout fait de conserve (comme les boîtes..) La seule chose que je conservais (!) par devers moi comme la marque du spécialiste, ce fut la CDU et la cotation des ouvrages. J’aurai l’occasion de reparler de cette torture permanente de mes premières années de Documentaliste.

Francis se garda bien de me disputer jamais cette « spécialité » là.