Troisième partie : les années réseaux

Les avatars du CDI pendant la rénovation du collège. 3 Aléas, heurs et malheurs

(actualisé le )

Pour surveiller les élèves à l’étage supérieur du CDI, il n’y avait pas d’autre solution que de se taper les escaliers autant de fois qu’il le fallait. Ce qui n’était pas une sinécure. On avait essayé de mettre quelqu’un en permanence à l’étage. Mais que faire lorsque il n’y avait plus d’élève, sinon redescendre ? Le problème s’est révélé insoluble d’une façon convenable. Malgré cela nous avons fait fonctionner le CDI, malgré sa mal commodité, malgré sa localisation désavantageuse et ses aménagements -beaux peut être- mais aberrants.

Pour moi, il me fut aménagé une espèce de bureau aux allures de cellule monastique, derrière la banque d’accueil, qui elle était de dimensions imposantes et disproportionnées ! J’avais réussi à la faire raboter d’un bon mètre, après un mois de querelles, et j’avais aussi réussi à faire ouvrir une trappe vitrée dans le mur de ma cellule afin de voir ce qui se passait dans le CDI... sans en parler à l’architecte mais seulement aux ouvriers... Il est vrai qu’on me nantit d’un vrai fauteuil présidentiel où je ne posais que rarement mon auguste fessier. J’avais bien d’autres chats à fouetter.

J’avais d’abord du installer tout le réseau vidéo, par le réseau câblé interne, à partir d’une parabole fixe... et d’une parabole mobile, dont la durée de vie fut d’ailleurs éphémère. Le moteur qui la faisait tourner se mit en panne au bout d’un an de services et elle ne fut jamais réparée.

Mais le plus gros travail de mise en place qui m’échut fut celui du réseau informatique intérieur. En effet, tout à côté de la banque d’accueil du CDI se trouve le local prévu pour abriter les serveurs informatiques et la baie de répartition (brassage) qui desservait des répartiteurs annexes situés aux autres étages. Cette « baie de brassage » nous fut livré « en l’état », avec une notice « explicative », dont la langue la plus explicite était sans doute le chinois. Je dus me débrouiller avec. On me livra en outre un jour quatre cartons remplis à ras bord de cordons RJ45, et un technicien condescendit à venir passer une heure avec moi un jour pour me donner quelques explications.

Après trois mois d’essais et de tâtonnements, ayant appris par force à lire le patois occidental (américain), j’arrivais à faire fonctionner le tout à peu près convenablement à tous les étages, y compris dans la salle des profs.. Si je ne suis pas devenu fou à ce moment là, c’est que j’ai la tête bien vissée sur les épaules. Quel travail et quelle frénésie ! . Au même moment, en plus du serveur Novell, il me fallut installer et gérer une connexion internet par un serveur proxy... Il me fallut installer le réseau vidéo interne, mais on avait oublié de raccorder les câbles aux prises qui alimentaient les téléviseurs...

Et il me fallait aussi m’occuper de la bonne marche du CDI... Bref ! Vous voyez le tableau. J’étais harassé.

Heureusement pour moi je vis arriver l’année suivante un emploi jeune au « profil informatique » (!) que l’on me promettait depuis longtemps, et qui prit les choses en main. Dès que l’ami Greg arriva, je le priais instamment de se positionner de travers afin que je puisse admirer ce à quoi pouvait bien ressembler un « profil informatique ». Nous avons comparé nos profils dans la glace du CDI et, bien qu’ayant un nez beaucoup plus proéminent que lui, nous en avons conclus que son profil était bien plus informatique que le mien. Greg, qui est un pince sans rire de première qualité ne manqua jamais, par la suite, à chaque fois qu’il arrivait le matin de se présenter comme un personnage échappé d’un bas-relief égyptien.

C’est un jeune homme assez somnolent le matin, mais d’une compétence indiscutable, et d’une bonne volonté de fer, qu’il alimente d’innombrables tasses de café..

Il officie encore maintenant pour quelques mois je crois. Mais je doute qu’il continue sa carrière dans l’informatique. C’est en effet un excellent joueur de saxophone, il donne des concerts dans ses soirées (ce qui explique ses somnolences matutinales) et je le soupçonne de vouloir se reconvertir en musicien d’orchestre...

Et maintenant, pour rien au monde avant d’en terminer, je ne voudrais vous faire manquer l’histoire héroï-comique du climatiseur du local informatique, qui m’a tenu en joie pendant de longs mois !!

Ce sera l’objet du prochain chapitre...