Interlude II

Réseaux et gestion Informatique, réseaux, Doctel et Memolog

(actualisé le )

Au bout de sept ou huit ans d’une carrière grand combienne sans histoire, mon existence professionnelle allait subitement changer avec l’avènement massif de l’informatique de réseau et de celle de gestion. Le coup d’envoi en fut donné simultanément avec l’arrivée des logiciels de type Novell, et la mise à l’étude et en chantier des logiciels de gestion documentaire. Plusieurs académies et CRDP avait mis cette réalisation dans leurs programmes, dès la parution du premier Thésaurus Motbis, dont on avait bien vu qu’il sonnait le glas - d’une certaine façon - de la sacro sainte CDU.

Pour nous, dans l’Académie de Montpellier, ce fut le projet Doctel qui nous tint en haleine et au travail, couplé avec le Minitel !! Mais ce projet dans lequel je fus embauché, sous l’égide de Magda ( Salut Magda si tu me lis !), ne devait jamais aboutir ! Ou plutôt, nous avions été trop ambitieux, trop en avance ou trop perfectionnistes, en voulant coupler le logiciel avec un module d’affichage, de saisie et de téléchargement sur Minitel, par constitution d’une base de donnée académique. Toutes ces contraintes pharaoniques pour l’époque, rendirent la réalisation de ce projet si longue qu’il fut pris de vitesse par beaucoup d’autres moins sophistiqués, ou peut être, plus pragmatiques...

A la sortie de tous ces logiciels de gestion, le projet Doctel fut purement et simplement abandonné. Un groupe de travail se réunit alors pour opérer un choix dans tous les logiciels de gestion documentaire qu’on trouvait alors sur le marché. Après une année de tests, de comparaison et de réflexion, ce fut Memolog qui remporta la course. Je dois à la vérité historique de dire que ce fut essentiellement parce qu’il proposait un abonnement à un dépouillement-insertion automatique des revues dans la base !! Au même moment, l’ordinateur individuel devenait collectif. On commençait à parler et penser réseau. Pour nous, documentalistes, le premier intérêt du réseau fut, sans aucun doute de nous affranchir de la corvée -longue et fastidieuse - de la mise à jour de la base ! En effet, sans réseau, la seule solution consistait à mettre à jour une station, celle sur laquelle on travaillait, et ensuite de transvaser cette base par "pompage" sur les autres ordinateurs, avec un cordon branché sur la sortie série ou parallèle de la machine. Si on avait deux machines, ça pouvait aller. Plus, c’était une corvée ! Et cela au moins une fois toutes les quinzaines si on voulait être sérieux. Je me souviens que je faisais ça en trimballant mon ordinateur avec le caddy ! C’était un drôle d’équipage...

D’autre part, il nous apparut rapidement que gérer son ordinateur documentaire personnel, c’était bien, mais qu’en faire profiter tout le monde, professeurs et élèves en même temps et en temps réel sur un réseau interne, c’était mieux. Dans l’académie, la politique fut de miser quelques temps sur Novell, pour lequel on avait des formateurs très compétents.

Tout le reste était une question de budget, de personnel formé pour chaque établissement et surtout de volonté.. J’avais déjà mon ordinateur de gestion de puis longtemps, acheté sur fonds propres. A la suite de nombreuses batailles, démonstrations et discours, il fut décidé d’en acheter un autre pour les élèves au CDI. A vrai dire, tout cela me fut amplement facilité par l’usage intensif du nanoréseau [1] qui me servit de garantie, et de démonstration. A la suite de tractations et de la signature d’un partenariat avec une banque locale, celle ci nous fit cadeau de deux ordinateurs supplémentaires. Cela porta le stock du CDI à quatre en 1989. Mais nous avions déjà démarré le projet de RDAO ! Et sans ordinateur sauf le mien, pendant tout un trimestre !! En effet, nous avions obtenu des crédits et des heures pour ce PAE (Projet d’Action Educative).. Cela me permit d’acheter alors un cinquième ordinateur, puis le CRDP nous octroya une licence de réseau Novell pour dix postes, qui fut installé dans le CDI. En 1991, tout cela était fonctionnel.

Entre temps, bien sûr, j’avais acheté Memolog et l’avais installé sur mes machines, avec les problèmes déjà cités de mise à jour.. Le collège était alors un des rares collèges de l’Académie à être aussi richement pourvu. Et comme c’était moi qui faisait marcher la machine, le shaddock de service, on venait me consulter comme un oracle ! C’est ainsi que je devins, insensiblement, insidieusement, sur le tas et sans le chercher le moins du monde, formateur académique :

« La chose simplement d’elle même arriva,

Comme le jour se fait lorsque la nuit s’en va. »

En effet, un beau jour, mon excellente collègue et amie Julie, qu’on avait chargée de ce travail, me téléphona pour m’expliquer qu’il fallait former tous les documentalistes de l’Académie à Memolog.... Et que, d’autre part, les formateurs ne couraient pas les rues, le matériel nécessaire non plus..... et que je pouvais fournir l’un et l’autre. Je ne pouvais pas refuser, malgré les réticences visiblement très marquées de mon Chef d’Etablissement.

Et c’est ainsi que je mis le doigt dans un engrenage qui ne devait plus me lâcher jusqu’à la fin de ma carrière. Cet engrenage fit de moi un formateur viscéral, et de mon CDI, un centre de formation, pour un bon moment...!