Professeur-documentaliste de l’enseignement agricole

(actualisé le ) par Philippe Devaux

Pendant le débat sur le métier qui a eu lieu sur la liste de discussion e-doc, il a été question de l’exemple de l’enseignement agricole. L’enseignement de l’information-documentation existe dans l’enseignement agricole depuis belle lurette. Connaître et comprendre les modalités et le contenu de cet enseignement dans le milieu spécifique qu’est le lycée agricole pourrait apporter des éléments sur la faisabilité de la formation des élèves en information documentation.
Pour alimenter le débat sur la mission pédagogique du professeur documentaliste, voici le témoignage de Philippe Devaux, professeur-documentaliste au Lycée horticole de Romans sur Isère.

Il me paraît important de s’intéresser aux professeurs documentalistes de l’enseignement agricole, non pas parce que je désire prêcher pour ma petite chapelle ni lui donner une quelconque vertu d’exemplarité mais bien parce que nous pratiquons in vivo depuis un certain temps quelque chose qui ressemble à ce que certains d’entre vous appellent de leurs vœux et que d’autres repoussent énergiquement.

Bien sûr, les conditions qui nous sont offertes sont assez différentes, nous sommes tournés vers l’enseignement professionnel, nos lycées sont souvent de taille modeste, et les référentiels dans lesquels nous intervenons ne concernent que le Bac Pro et le BTSA, qui représentent cependant une grosse partie de nos effectifs, mais je pense qu’il est possible de trouver des éléments de réflexion dans nos heurs et malheurs de professeurs-documentalistes de l’enseignement agricole et dans la façon dont nous tentons de conjuguer ces deux fonctions.

Voici quelques références élémentaires pour celles et ceux qui voudraient un peu plus d’information sur ce sujet, qui peut éventuellement apporter un éclairage intéressant, puisque nous avons bien des cours inscrits dans des grilles horaires, une heure de nos cours vaut bien deux heures au CDI, (voire un peu plus en BTSA), nous évaluons comme les autres enseignants, y compris dans le cadre des CCF :

Les textes de référence

- 4e et 3e de l’enseignement agricole : dernier document paru sur la question ; cf. p. 27-28.
- Bac Pro
- Pour le BTSA

Les référentiels M22 et MG1 sont cruciaux parce que c’est dans ces deux référentiels que nos interventions de profs-docs sur le plan pédagogique sont clairement définies :

- Le module MG1 dans lequel nous intervenons

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- Le module M22 dans lequel nous intervenons

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Le référentiel métier et la note de service définissent les contours de nos fonctions, avec en particulier dans la Note de Service le principe 1 h de cours = 2 h de CDI (et même les heures de première chaire en BTSA puisque nous sommes concernés) et des petites choses amusantes comme la commission CDI.

- Le référentiel des profs-docs de l’enseignement agricole

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- La note de service qui définit nos fonctions et leur cadre

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La Note de Service Rénadoc reprend de façon assez synthétique le fonctionnement du système et l’implication de tous les profs-docs dans le dépouillement des périodiques.

- Présentation de Rénadoc le réseau national de mutualisation qui est un outil extrêmement important au service des professeurs documentalistes de l’enseignement agricole (public ainsi que privé)

La dernière note, celle des TEPETA (fonctionnaires de catégorie B, travaillant entre autres dans les CDI, et soumis à d’autres obligations de service que les profs-docs), est un peu plus sujette à débat : elle décrit des fonctions qu’il m’a semblé reconnaître dans la vision qu’ont certains du métier et qui sont clairement considérées par notre ministère comme relevant de la catégorie B, la fonction pédagogique devient une fonction d’accompagnement, c’est un texte éclairant pour débattre du futur de la profession et des diverses voies que peut prendre l’histoire..

-  Note de service des TEPETA Vie scolaire / documentation

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A propos du texte « Construction des compétences informationnelles dans l’Enseignement agricole : une mise en œuvre paradoxale »

Je reviens sur la date du document cité d’Isabelle Fabre et Cécile Gardiès : l’année 2007 se situe avant la période de rénovation du BAC Pro et du BTSA suite à laquelle les contenus d’enseignement sont passés de ce que l’on appelait les « techniques documentaires » (modules G1 du BEPA et D22 du BTSA) et qui étaient parfois horriblement procédurales ou interprétées comme telles (apprendre à utiliser bcdi...), à des intitulés comme « Décrypter l’information et son organisation dans la société contemporaine » pour le module MG1 du Bac Pro dans lequel nous intervenons, ou encore « répondre à un besoin d’information » dans le cadre du module M22 en BTSA, qui lorgnent de plus en plus du côté des SIC. Notre conception du métier a donc sans doute évolué avec l’introduction de ces nouveaux référentiels.

Voici le texte en question :
- Construction des compétences informationnelles dans l’Enseignement agricole : une mise en oeuvre paradoxale Etude de l’ Unité de recherche Toulouse EducAgro  : didactique des savoirs scientifiques, professionnels et sociaux émergents :

« Dans l’enseignement secondaire en France, l’exercice du métier de documentaliste repose sur une bivalence fondamentale : gérer la documentation et former à l’information... On est donc face à une situation paradoxale où la bivalence du métier tente d’établir des ponts entre gérer et faciliter l’accès à l’information. »

Mise à jour novembre 2016

- Référentiel de formation 4ème et 3ème de l’enseignement agricole (Cycle 4) Référentiel et présentation de la formation et des EPI

La partie intéressant les professeurs-documentalistes est en p.27 du document ou p. 31 du pdf.